Le rapport des habitants au Makay

La propriété des terres de cultures ou de pâturages n’est pas régie par un cadastre mais par le droit coutumier. Néanmoins, certaines terres inaccessibles (c’est le cas pour beaucoup des terres qui se trouvent à l’intérieur du Makay) n’appartiennent à personne ou personne ne les revendique réellement.

L’intérieur du massif est peu connu par les habitants, voire très peu dans ses profondeurs. S’il peut être accessible par les rivières, le centre lui est rendu plus difficile d’accès à cause du resserrement des canyons (qui forment des passages où la nage devient obligatoire) ou, plus fréquemment, des blocs sur la rivière. Ces « verrous anthropiques » sont considérés comme des frontières naturelles qui protègent l’intérieur du Makay de l’Homme. Longtemps le Makay a été la source de multiples légendes, ce qui l’a protégé des explorations humaines.

Le tourisme

On estime qu’il y aurait, actuellement, environ 500 touristes par an dans le Makay, dont 300 dans le Sud-Est (dans la région du village de Beronono).

Le tourisme constitue une source de revenus complémentaires aux activités de culture, d’élevage et de commerce. Il bénéficie aux populations locales, à différents niveaux.
D’une part, il leur permet de vendre leurs produits agricoles (riz, zébus, moutons, volailles) sur place plutôt que de devoir aller en ville (Beroroha ou Mandronarivo) pour parvenir à les vendre (ce qui représente un coût). Le tourisme participe d’autre part à au développement de l’artisanat local, notamment via la vente d’outils locaux (Famaka) ou de tapis. Une nouvelle activité tend par ailleurs à se développer : celle de la restauration, de l’hébergement.

Ces nouvelles pratiques sont récentes dans la région, mais Naturevolution Madagascar encourage et soutient les nouveaux entrepreneurs en mettant en place des programmes de micro-finances et de conseils.

Le tourisme est à l’origine de la création d’emplois, via les activités de portage, de pistage et de cuisine. Il faut en effet, en moyenne, deux porteurs pour un touriste. Les revenus tirés du portage sont donc à ce jour les principaux revenus directs issus du tourisme.

Au-delà de l’aspect financier, le tourisme semble avoir des retombées plus importantes encore. Le gestionnaire de l’Aire Protégée du Makay a initié des formations et des sessions de sensibilisation, afin que les acteurs locaux du tourisme deviennent les ambassadeurs de la cause environnementale et que le message de conservation et de valorisation de ce patrimoine unique se propage dans la région.

 

Le Makay comme château d'eau

Le Makay est un véritable réservoir d’eau. Excepté le Sud-Ouest, tout le pourtour du Makay est irrigué par des rivières en provenance du massif. Dans l’Est, des rivières comme la Menapanda (aux abords du village de Tsivoko) ou la Makaikely (aux abords du village de Kalomboro) coulent toute l’année, même si en fin de saison sèche leurs débits sont largement affaiblis.

 

Le Makay comme lieu de pâturage

La plupart des terres de pâturages se trouvent à l’extérieur du Makay, sur les plaines. Cependant, les troupeaux de zébus pénètrent de plus en plus à l’intérieur du massif, à la recherche de nouveaux pâturages en suivant les larges rivières jusqu’au niveau des canyons. Ces troupeaux constituent une menace importante, qui impacte l’équilibre de l’écosystème du Makay.

 

Le Makay comme lieu d'enterrement

Le massif du Makay est très important aux yeux des locaux en tant que lieu de sépulture. C’est la raison pour laquelle beaucoup de tombeaux se trouvent à l’intérieur du massif, dans des grottes, abris sous roches ou sur ses contreforts.