La géographie du Makay

Massif de 150 x 50km d’une superficie de 4000km2, composé des produits de l’érosion d’immenses massifs de roches cristallines disparus il y a déjà plusieurs centaines de millions d’années, le Makay est l’une des œuvres de la nature les plus monumentales qui soit.

Dans la mosaïque diversifiée des écosystèmes de Madagascar subsistent quelques zones très peu explorées, peu exploitée et à faible densité humaine, avec un fort potentiel en découvertes nouvelles. Même à Madagascar, peu de gens connaissent l’existence de ce relief ruiniforme.

Un massif vaste

Ce massif de grès jaunes, situé dans le centre-ouest de l’île, présente de hauts plateaux encore couverts, pour partie, par de la forêt ou de la végétation arbustive/herbacée typique des milieux secs de l’ouest malgache. Une érosion très importante a entaillée ces plateaux de profonds canyons contenant une végétation de type humide qui rappellent les forêts sempervirentes de l’Est de Madagascar. La vie s’est réfugiée et développée dans ces vallées de plusieurs centaines de mètres de profondeur en autarcie totale pendant des millions d’années, y occupant toutes les niches écologiques possibles. Ces biotopes, si isolés, vierges de toute observation humaine ont permis à des groupes d’animaux et de végétaux ancestraux de se différencier au point d’enfanter de nouvelles espèces.

 

Le Makay est ainsi devenu un véritable coffre-fort de la nature, un sanctuaire d’espèces parmi les plus curieuses de la planète. Son isolement et les particularités de son relief ont été jusqu’à récemment un frein pour la mise en application d’études scientifiques. Mais si jusqu’ici, il a pu profiter de son relief inapproprié à l’Homme pour préserver ses trésors, la vertigineuse progression des feux de brousse que subit Madagascar ces dernières années menace tous les jours d’avantage sa survie. Des feux de brousse sont relevés régulièrement aux abords du massif mais aussi en son coeur dévastant ce que la nature a mis des millions d’années à créer.

 

Le Makay est situé au nord de la rivière Mangoky à cheval sur deux régions, Atsimo-Andrefana et Menabe, à environ 100 km de la côte ouest à l’intérieur des terres malgaches. Cette région de 4000 km2, culminant à 1034 m, s’étend sur 150 km entre la localité de Beroroha dans le sud à celle de Malaimbandy  dans le nord, et fait moins de 40 km dans sa partie la plus large. Le massif inclut une partie des têtes de bassins versants des fleuves Mangoky, Maharivo, Morondava, et Tsiribihina. Il est caractérisé par des méandres sinueux sculptés par des rivières qui ont creusé de profonds canyons escarpés montant jusqu’à 400m le long de hautes falaises rebondies, qui forment un enchevêtrement complexe de vallées encaissées et de monts inaccessibles. De nombreuses espèces ne se rencontrent que dans un seul bassin versant, et ce fort taux d’endémisme, voire de micro-endémisme, les rend particulièrement vulnérables aux pressions environnementales.