Culture et traditions

La majorité des villageois du Makay se définissent comme cultivateurs, même si pour la plupart d’entre eux ils sont aussi (et pour certains avant tout) éleveurs.

Le rapport au zébu

Le zébu constitue pour le peuple malgache la principale richesse et représente un excellent placement, bien plus sûr et pratique qu’un placement bancaire. Le fait de posséder un troupeau est un signe extérieur de richesse et de puissance ; mais sa valeur est en réalité fondée davantage sur des critères de relations sociales que sur les seuls critères de productivité économique. Dans certains endroits, l’importance sociale d’un individu et/ou d’une famille est encore plus ou moins directement proportionnelle au nombre de zébus qui peuvent être sacrifiés lors de différentes pratiques culturelles. Effectivement, il est souhaitable de posséder un grand nombre de bêtes pour satisfaire aux rituels coutumiers qui doivent avoir lieu lors de multiples occasions.

Les Bara (= ethnie qui peuple le pourtour du Makay) sont essentiellement des éleveurs de zébus ; ce qui les démarque des autres ethnies de Madagascar.

Le vol de zébus est une hantise des agro-éleveurs de Madagascar. En fait ici, il n’a plus rien à voir avec la tradition culturelle ou une vision romanesque propre à certaines sociétés du Sud de l’île (dans lesquelles le voleur est vénéré et admiré comme un héros). Le vol actuel est en réalité de plus en plus lié au commerce.

Pour éviter de se faire voler leurs zébus, les éleveurs les laissent paître en liberté. De plus, pour leur permettre de trouver nourriture, ombre et eau, ils n’hésitent pas à les emmener loin dans les forêts ; ce qui cause des dégradations irréversibles. Les bergers mettent le feu aux zones de pâture pour faciliter le déplacement des troupeaux et favoriser la pousse de jeunes plantules vertes. Ils installent des campements et brûlent là aussi de vastes zones pour faciliter leur installation ou la cueillette de certaines racines, la collecte de miel, etc. Les prétextes sont variés pour mettre le feu ; et les zébus quant à eux piétinent et mangent les jeunes pousses et les rejets, empêchant ainsi la forêt de se régénérer. Par ailleurs, le présence de troupeaux et de bergers dans des zones calmes de forêt fait fuir les animaux qui y vivent habituellement (lémuriens ou fossas).

 

L'agriculture du riz

Si certaines personnes dans le massif cultivent des oignons, du manioc, de la patate douce ou des bananes, la culture principale reste largement celle du riz.

La plantation et le repiquage sont effectués par les femmes. Par ailleurs, lors de la récolte, ce sont davantage les femmes qui coupent le riz, avant que les hommes ne le ramassent et ne l’emportent dans les charrettes. Il y a deux récoltes par an, qui se font de mars à juin et de novembre à janvier.

La principale période de soudure a lieu entre les mois d’août et d’octobre.

L’importance de la culture du riz dans le quotidien des populations amène certaines personnes à habiter à proximité des rizières, soit temporairement – au moment des récoltes par exemple – soit en permanence. Le riz constitue en effet la base de l’alimentation à Madagascar.

 

L'éducation

L’école à Madagascar est publique et gratuite. Néanmoins, les fournitures scolaires restent à la charge des familles.

Sur le pourtour du Makay, on trouve des écoles primaires dans presque chaque village. Cependant, certains enfants doivent malgré tout marcher près d’une heure pour rejoindre le village principal. S’agissant des classes de collège et de lycée, les familles doivent inscrire leurs enfants dans un plus gros village (Beroroha, Mandronarivo ou Malaimbandy) ; ce qui coûte très cher. Les familles les plus riches, elles, envoient leurs enfants à l’école de Tuléar ou de Fianarantsoa.

Naturevolution Madagascar, en collaboration avec Orange Madagascar, a réalisé la construction de deux éco-écoles dans les villages de Beronono et de Tsivoko.

 

Les religions et coutumes

Dans le Makay, on trouve les deux religions suivantes : le christianisme (catholicisme en majorité) et l’animisme.

Dans la religion animiste, le mariage ne semble pas constituer une étape importante de la vie. Les cérémonies mortuaires, elles, sont par contre d’une importance capitale : cela s’explique notamment par le fait que les morts peuvent communiquer avec les dieux, et les inciter à récompenser d’une manière ou d’une autre les villageois du monde des vivants. Contrairement aux autres ethnies, chez les Bara il n’y a qu’un seul retournement des morts ou « Famadihana », qui correspond au moment du transfert définitif du cercueil du défunt dans le tombeau familial (généralement dans les contreforts du Makay).

Chaque cérémonie est l’occasion de sacrifier un zébu, comme par exemple le « Bilo », qui est une cérémonie fréquente et importante, organisée par le devin guérisseur pour déposséder un malade d’un esprit qui l’aurait envouté.

Les fady sont des interdits reconnus par un groupe d’individus. Il existe des fady qui sont respectés seulement à l’échelle d’une famille mais, dans d’autres cas, les fady sont ethniques. Aussi, chez les Bara, la chèvre fait l’objet d’un fady : elle ne doit ni être élevée, ni consommée. Au contraire, chez les Vezo (= ethnie de la côte aux alentours de Tuléar), c’est le mouton qui est fady.

 

L'architecture

On retrouve différents types d’architectures dans les villages du pourtour, qui mêlent architectures coloniales et locales. Dans le Nord du Makay, il est possible d’observer des maisons traditionnelles à étages, contrairement au Sud. Les maisons traditionnelles sont faites d’un tissage de branches recouvert de terres séchées ; le tout recouvert d’un enduis. Les toitures sont principalement constituées de roseaux compactés, bien que la tôle soit de plus en plus présente (elle offre néanmoins une moins bonne isolation, même si elle demande moins d’entretien).

 

L'organisation administrative de la région

À Madagascar, les divisions territoriales ont été calquées sur le système administratif français :
• Les Faritira sont les régions. Il en existe 22 ; le Makay étant situé sur deux régions différentes : Atsimo-Andrefana (dont le chef-lieu est Tuléar) et Menabe (dont le chef lieu est Morondava).
• Les Departemanta sont davantage qualifiés de “districts” ; le Makay étant situé sur deux districts : celui de Beroroha dans la région Atsimo-Andrefana et celui de Mahabo dans la région Menabe.
• Les Kaomina correspondent aux communes ; le Makay étant situé sur 9 communes différentes.
• Les Fokontany désignent les quartiers, villages ou rassemblements de villages.

 

Ouverture sur le reste du pays

Le réseau téléphonique est de plus en plus présent dans la région, sauf à l’intérieur du massif. Ces connexions l’ouvrent vers l’extérieur du pays, voire même vers le monde (avec l’arrivée progressive de la 2G ou de la 3G). Cependant, encore très peu de personnes sont équipées d’un téléphone (c’est très cher). Certaines habitations sont équipées d’une connexion satellite pour la télévision, ainsi que d’un système de panneaux solaires pour une autonomie en énergie. Par ailleurs, la région voit émerger de plus en plus de petits panneaux solaires, ce qui permet la mise en place d’un éclairage rudimentaire dans les maisons.